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❤️🐾Un coup de cœur ne donne pas un droit à l’adoption et nous sommes libres de dire NON ❤️🐾 Lévriers sans Frontières

Il y a quelque chose qui nous attriste profondément, et qui, au fil des années, devient même de plus en plus difficile à comprendre : la violence de certaines réactions lorsque nous refusons une demande d’adoption.

Parce qu’une personne a regardé la photo d’un chien, qu’elle a lu, peut-être, quelques lignes de son histoire, et qu’elle s’est dit : « C’est lui. C’est elle. Je le veux. Je l’ai choisi. » Alors, dans son esprit, l’adoption commence parfois à devenir une évidence, presque un droit, comme si le simple fait d’avoir eu un coup de cœur suffisait à déterminer que ce chien devait entrer dans sa vie.

Et lorsque nous disons non, la déception laisse parfois place à la colère, puis aux reproches, et parfois même à la méchanceté sur les réseaux sociaux.

Mais dans tout cela, une question essentielle semble avoir été oubliée : Et le chien dans tout ça ?

Car lorsqu’on a véritablement craqué pour un chien, pense-t-on encore à lui, à ses besoins, à ses fragilités, à ce qu’il est réellement… ou pense-t-on surtout à ce que nous, nous avons envie de vivre avec lui ?

Nous constatons malheureusement très souvent que les descriptifs de nos chiens ne sont même pas lus.

Nous prenons pourtant le temps d’y préciser les éléments essentiels : « besoin impératif d’un jardin », « placement avec congénère obligatoire », « pas de chats », « environnement calme », « famille expérimentée »…

Et malgré cela, nous recevons des demandes de personnes qui vivent en appartement alors qu’il est clairement indiqué que le chien a besoin d’un jardin.

Nous recevons des demandes de personnes qui n’ont aucun autre chien alors que le descriptif précise que le congénère est indispensable.

Nous recevons des demandes de personnes qui ont des chats alors qu’il est écrit noir sur blanc que le chien n’est pas compatible avec eux.

Et lorsque nous expliquons que leur profil ne correspond pas aux besoins du chien, certaines personnes ne comprennent pas.

Pire encore, certaines s’offusquent.

Mais que sommes-nous censés faire ?

Dire oui parce que la personne semble sympathique, motivée, qu’elle a eu un coup de cœur ou qu’elle nous explique qu’elle fera tout ce qu’il faut ?

Et bien NON !!

Parce que derrière cette demande d’adoption, il y a un chien qui, lui, n’a rien demandé.

Un galgo n’est pas une page blanche sur laquelle chacun peut écrire l’histoire qu’il souhaite.

Il y a aussi cette idée, parfois très présente chez certains candidats, selon laquelle l’amour suffira à tout.

« Je lui donnerai tellement d’amour qu’il s’adaptera. »

« Il finira bien par aimer les chats. »

« Il s’habituera à vivre seul. »

« Je n’ai pas de chien, mais il rencontrera régulièrement celui de mes parents. »

« Je suis en appartement, mais je fais beaucoup de promenades. »

« Il y a un parc juste à côté. »

« J’ai un grand jardin chez mes parents. »

Nous entendons toutes ces choses.

Et nous comprenons parfaitement qu’elles partent souvent d’une bonne intention.

Mais l’amour ne remplace pas un besoin fondamental.

Un chien qui a besoin d’un congénère a besoin d’un congénère qui partage sa vie au quotidien, pas d’un chien qu’il rencontrera de temps en temps.

Un chien qui a besoin d’un jardin sécurisé a besoin d’un espace extérieur sécurisé au sein de son propre lieu de vie, pas d’un parc situé à quelques kilomètres.

Et un chien particulièrement craintif ne devient pas automatiquement équilibré parce qu’une personne est persuadée qu’elle saura lui redonner confiance.

Nous cherchons la famille adaptée pour chacun de nos chiens et non pas simplement une famille.

C’est une nuance essentielle.

Nous demandons simplement aux candidats de comprendre que l’adoption doit partir des besoins essentiels du chien et non du désir de l’adoptant.

Nous connaissons nos chiens. Nous les observons dans les refuges, nous échangeons avec les personnes qui les côtoient, nous connaissons leurs peurs, leurs comportements, leurs fragilités, leurs besoins et parfois leurs limites.

Et lorsque nous écrivons qu’un chien a besoin d’un congénère, ce n’est pas une phrase ajoutée pour compliquer les adoptions.

Lorsque nous écrivons qu’un autre ne peut pas vivre avec des chats, ce n’est pas pour lui trouver moins facilement une famille.

Lorsque nous écrivons qu’un chien a besoin d’un jardin parfaitement sécurisé, ce n’est pas parce que nous avons décidé arbitrairement d’imposer une contrainte supplémentaire aux adoptants.

C’est parce que nous pensons au chien.

Et parfois, penser au chien signifie dire non à quelqu’un qui aurait pourtant été très heureux de l’adopter.

Le coup de cœur n’est pas toujours réciproque

C’est peut-être la chose la plus difficile à accepter.

Vous pouvez avoir passé quelques jours à regarder sa photo et à vous projeter dans cette nouvelle vie avec lui.

Vous pouvez être sincèrement motivé, sincèrement amoureux de ce chien avant même de l’avoir rencontré.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes la bonne personne pour lui.

Et ce n’est pas une remise en question de votre valeur, de votre amour des animaux ou de vos qualités humaines.

C’est simplement parfois une incompatibilité entre les besoins d’un chien et les conditions de vie que vous pouvez lui offrir.

Il faut pouvoir l’entendre.

Parce que la raison devrait justement vous permettre de dire :

« Je rêvais de lui, mais peut-être que ce n’est pas moi qui peux lui offrir ce dont il a besoin. »

Alors oui, nous disons non.

Et nous continuerons à le faire.

Même lorsque cela déplaît.

Même lorsque cela provoque de la colère.

Même lorsque certains viennent ensuite expliquer sur les réseaux sociaux que nous sommes trop exigeants, que nous ne savons pas ce que nous faisons, que nous sommes difficiles ou que nous refusons des familles « pourtant parfaites ».

Nous continuerons à assumer nos choix, parce que nous préférons décevoir un candidat plutôt que décevoir un chien.

Un candidat pourra toujours se tourner vers un autre chien, une autre association, un autre projet d’adoption.

Mais un chien qui quitte un refuge, qui arrive dans une famille qui ne correspond pas à ses besoins, lui, paiera le prix de cette erreur car il nous sera immédiatement restitué.

Et nous avons vu trop de retours pour prendre ce risque à la légère.

À ceux qui nous critiquent…

Avant de juger une association parce qu’elle vous a refusé un chien, prenez simplement le temps de vous demander pourquoi.

Lisez le descriptif, lisez les besoins du chien.

Demandez-vous honnêtement si votre environnement correspond réellement à ce qui est demandé.

Et surtout, essayez de comprendre que nous ne sommes pas là pour assouvir votre envie d’adopter tel ou tel chien.

Nous sommes là pour leur trouver une famille.

Ce n’est pas exactement la même chose.

Vous cherchez peut-être le chien qui vous plaît.

Nous cherchons la famille qui convient au chien.

Et parfois, ces deux chemins se rejoignent merveilleusement.

C’est alors une magnifique adoption.

Mais parfois ils ne se rejoignent pas.

Et dans ce cas, notre responsabilité est de savoir dire non.

Parce que nos chiens ne sont pas là pour répondre à nos envies.
Nous sommes là pour répondre à leurs besoins.

Et tant que nous aurons la responsabilité de leur avenir, nous continuerons à les faire passer avant tout le reste. ❤️🐾

https://www.levriers-sans-frontieres.com/

3 réflexions sur “❤️🐾Un coup de cœur ne donne pas un droit à l’adoption et nous sommes libres de dire NON ❤️🐾 Lévriers sans Frontières”

  • VERONIQUE BERJONNEAU

    Très joli commentaire Anne-Marie. Je suis complètement d’accord. Merci Odile d’avoir donné votre vie aux galgos.
    Bises à tous

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  • stephanie

    Entièrement d’accord avec vous Odile le bien être du chiens avant tout … Trop de personnes ne se remettent pas en question et croient tout savoir sur le comportement d’un chien … Perso le dernier podenco récupéré me donne du fil à retorde pas qu il ait été maltraité mais mis de côté pendant des années … la vie et le mouvement autour de lui l’énerve il commence à se calmer … par moment et il est à la maison depuis 1 an et demi

    Répondre
  • Anne-Marie

    Vous avez raison de marteler ces propos concernant d’abord le bien-être du chien à adopter ! Je pense que les adhérents LSF qui suivent vos actions et vous connaissent, vous Odile et vos délégués, sont conscients de votre engagement et de votre responsabilité envers les chiens que vous nous présentez quotidiennement. Il y aura toujours des gens pour médire et les réseaux sociaux sont un excellent défouloir !
    Je vous lis chaque jour depuis des années , depuis que j’ai découvert ce que subissent les galgos et j’admire votre dévouement à leur cause, votre patience, votre persévérance malgré, parfois, le découragement qui peut survenir. Cependant, chaque fois vous surmontez et repartez ! Alors, encore une fois : Merci pour ce que vous faites, merci d’être vigilante et intransigeante s’agissant du bien-être d’animaux maltraités et souvent traumatisés !

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