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đŸŸ L’adoption doit ĂȘtre un acte rĂ©flĂ©chi , l’abandon n’est pas une option…LĂ©vriers sans FrontiĂšres

Je suis ton galgo, ton podenco, ou un autre, peu importe, car au fond nous avons tous la mĂȘme valeur, le mĂȘme cƓur capable d’aimer sans rĂ©serve, la mĂȘme fidĂ©litĂ© silencieuse et la mĂȘme souffrance lorsque celui ou celle en qui nous avons placĂ© toute notre confiance finit par nous trahir.

Je suis celui que tu attendais avec impatience, celui dont l’histoire t’a bouleversĂ©, celui pour lequel tu as versĂ© des larmes en dĂ©couvrant son regard, son passĂ©, ses blessures. Je suis celui que tu as voulu sauver, celui Ă  qui tu as promis une autre vie, une vie faite de douceur, de sĂ©curitĂ© et d’amour, loin de la peur, loin de la solitude, loin de l’abandon. ✹

Je suis aussi celui avec qui tu as posĂ© fiĂšrement le jour de l’adoption, le sourire aux lĂšvres et le cƓur dĂ©bordant d’émotion, convaincu d’avoir accompli un acte magnifique. Tu m’appelais ton rescapĂ©, ton protĂ©gĂ©, parfois mĂȘme ton miracle. Et moi, avec toute la sincĂ©ritĂ© dont seul un chien est capable, je t’ai cru. ❀

Puis le temps a passé.

L’euphorie des premiers jours s’est dissipĂ©e, le quotidien a repris sa place, et ce qui te semblait touchant ou attendrissant est devenu, peu Ă  peu, une contrainte. Mes peurs demandaient de la patience, mon adaptation du temps, mes besoins de l’attention, et soudain l’engagement que tu avais pris t’a semblĂ© plus lourd que prĂ©vu.

Alors viennent les mots qui apaisent ta conscience : « Ce n’est pas un abandon, je le rends Ă  l’association. »

Mais pour moi, quelle diffĂ©rence ? 😔

Que tu me laisses au bord d’une route ou que tu me reconduises Ă  ceux qui m’avaient autrefois protĂ©gĂ©, le dĂ©chirement reste le mĂȘme. Je perds mon foyer, mes repĂšres, ton odeur, ta voix, tes habitudes, cette place que je croyais enfin mienne. Je ne comprends pas pourquoi je dois repartir, pourquoi l’amour que tu m’avais promis a une fin, pourquoi, une fois encore, je dois survivre Ă  l’absence et Ă  l’incomprĂ©hension.

Car oui, me restituer à une association, c’est m’abandonner.

Le mot te paraĂźt peut-ĂȘtre trop dur, trop brutal, peut-ĂȘtre mĂȘme injuste. Pourtant, la vĂ©ritĂ© ne devient pas plus douce parce qu’on choisit un vocabulaire plus confortable. Changer les mots n’efface pas la blessure. 💔

Je ne suis pas un objet que l’on rapporte lorsqu’il ne correspond plus aux attentes. Je ne suis pas un projet Ă©motionnel, ni un Ă©lan de compassion passager destinĂ© Ă  soulager une conscience ou embellir une image. Je suis un ĂȘtre vivant, sensible, avec un cƓur qui s’attache, une mĂ©moire qui retient et une Ăąme qui souffre.

Adopter n’est pas un geste anodin. C’est un engagement profond, rĂ©flĂ©chi, une promesse que l’on fait Ă  un ĂȘtre qui dĂ©pend entiĂšrement de soi. Lorsque tu as signĂ© ce contrat, tu n’as pas seulement fait entrer un chien dans ta maison, tu m’as fait une promesse.

Et aujourd’hui, en me rendant, tu brises cette promesse.

Tu brises aussi la confiance que l’association t’avait accordĂ©e en te confiant l’un de ses protĂ©gĂ©s, avec l’espoir sincĂšre que, cette fois, ce serait enfin pour toujours.

Les vacances d’étĂ© approchent ☀, et comme chaque annĂ©e, certains d’entre nous seront abandonnĂ©s sur le bord des routes, laissĂ©s derriĂšre comme des objets devenus encombrants. D’autres seront restituĂ©s Ă  une association, avec parfois la conviction de faire les choses autrement, plus proprement, presque avec bonne conscience.

Mais pour nous, la douleur porte le mĂȘme nom : l’abandon.

Et oui, celui qui commet cet acte ne vaut pas plus cher qu’un galguero.

Car un galguero n’a jamais promis Ă  son chien l’amour, la sĂ©curitĂ© et un foyer pour toujours.

Toi, si. đŸ’”đŸŸToi, si…..

Odile Brochot pour Lévriers sans FrontiÚres

https://www.levriers-sans-frontieres.com/

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