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Le galgo face à la mode…Quand le sauvetage devient une sélection / Par Odile Brochot pour Lévriers sans Frontières

Ce n’est pas simple de naître galgo.
Enfin… tout dépend de comment on naît.

Parce qu’il faut le dire sans détour : le physique, le sexe, l’âge, et même la compatibilité avec les chats sont devenus des critères décisifs. Trop décisifs.
Naître femelle, jeune, fine, « jolie » et OK chats, c’est déjà partir avec une longueur d’avance. Naître mâle, plus âgé, marqué par la vie ou simplement « pas dans les standards » ? C’est souvent être condamné à l’attente. Longue. Silencieuse. Injuste.

Il fut un temps, pas si lointain, où l’on adoptait un galgo pour le sauver.
Sans liste de cases à cocher.
Sans catalogue.
Sans shopping émotionnel.

On venait avec le cœur ouvert, conscient que sauver, ce n’est pas choisir la perfection, mais tendre la main à celui qui n’a rien.

Aujourd’hui, le galgo est devenu à la mode.
On le veut élégant, photogénique, discret, non destructeur surtout, câlin mais pas trop, marqué par la souffrance mais juste ce qu’il faut, une cicatrice « racontable », une histoire poignante à partager sur les réseaux ou lors des promenades. Le galgo devient un symbole, parfois un accessoire, trop souvent un objet de projection.

Les formulaires d’adoption s’empilent, remplis par des candidats qui, bien souvent, ne se sont même pas renseignés sur les besoins fondamentaux de la race :
Un chien sensible, un chien marqué par son passé, un chien qui a besoin de temps, de patience, de compréhension.

Un chien qui a besoin d’espace aussi et pas juste d’un canapé et d’amour.

On exige qu’il soit OK chats, même si on en a pas. « On ne sait jamais ».
On exige qu’il soit parfait pour un mode de vie déjà figé, au lieu d’adapter sa vie à un chien qui sort de l’enfer.

Pendant ce temps-là, des centaines de galgos attendent.
Dans des refuges ou en familles d’accueil. Ils deviennent invisibles.

Ceux dont personne ne veut, nous les connaissons déjà :
les mâles, les plus âgés, les moins beaux, les non compatibles avec les chats, et les noirs.

Mais tout dépend du noir de la robe.
Il y a le noir magnifique et brillant sur un corps jeune et svelte,

et il y a le noir grisonnant sur un corps usé par les années.

Et cela fait toute la différence.

Ils ont pourtant survécu à l’exploitation, à la faim, aux coups, à l’abandon.
Ils ont survécu. Mais survivre ne suffit plus pour être adoptable.

Les grands sauvetages font pleurer, émeuvent, mobilisent. Et c’est tant mieux.
Mais une fois soignés, une fois remis sur pattes, une fois hors de danger… l’intérêt retombe.
Ils ne font plus la une. Ils ne font plus rêver. Ils attendent.

Pire encore : certains préfèrent « sauver » un chien fraîchement arrivé d’Espagne plutôt qu’un galgo en famille d’accueil, comme si son passé derrière les barreaux s’effaçait dès qu’il pose une patte en France. Comme si son histoire valait moins parce qu’elle est moins visible.

Le sauvetage n’est pas une question de provenance.
C’est une démarche de cœur.

Adopter un galgo, ce n’est pas consommer un chien devenu tendance.
Ce n’est pas choisir une esthétique.
Ce n’est pas chercher à combler un idéal.

Adopter un galgo, c’est accepter l’imperfection, la lenteur, parfois les difficultés.
C’est sauver, vraiment.
Même, et surtout, quand le chien ne rentre pas dans les diktats.

Pensons à eux.
À ceux qui n’attirent plus l’œil.
À ceux qui n’ont que leur cœur à offrir.

Parce que le vrai sauvetage commence là où le choix cesse d’être confortable.

Si vous avez eu la patience de me lire jusqu’à la dernière ligne, alors réfléchissez et méditez sur ce que signifie sauver :
ce n’est pas choisir le plus beau, le plus jeune ou le plus facile.

C’est offrir une chance, une dignité, et parfois simplement une fin de vie apaisée.

C’est tendre la main à celui dont personne ne veut….et c’est malheureusement de plus en plus rare.

https://www.levriers-sans-frontieres.com/

18 réflexions sur “Le galgo face à la mode…Quand le sauvetage devient une sélection / Par Odile Brochot pour Lévriers sans Frontières

  • Auger

    J’ai lu jusqu’au bout, j’ai deux galgos, Ambre et Luna, 13 et 11 ans que j’ai adoptées à LSF.
    Quel bonheur ces chiens, aujourd’hui ils vieillissent, Luna a une tumeur à la patte arrière, ça ne s’opère pas. Elle vit heureuse grâce à l’amour que je lui porte et aux anti douleur. Ambre commence à avoir des difficultés au niveau du train arrière. Si elles ne courent plus comme avant, elles profitent du canapé sans modération.
    Je sais que Luna est en sursis, je lui donne le maximum et j’ai les larmes aux yeux de savoir qu’elle va nous quitter prochainement.
    Bravo à l’association.

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  • Berthoud

    Dommage de parler ainsi des gens qui ont des chats et demandent si le galgo les supporte. Ensuite ce serait tout de même d’avoir un « coup de coeur » pour l’animal en ayant un premier contact. Bref tout cela est bien compliqué…

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    • b.odileAuteur de l’article

      Bien sûr, il est tout à fait normal que les personnes ayant des chats choisissent un galgo compatible.
      Petit rappel amical : prendre le temps de lire et de bien comprendre les textes avant de les commenter évite souvent les malentendus.

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  • De toute facon ne les ddonnez pas car vieux ou non c est un animal blesse meurtri qu on adopte et non des criteres…alors les difficiles a couleur etc… ne les aimerons pas pour eux ce sera juste de se mlntrer qvec un chien chienne d allure majestueuse..criez le haut…memy diffusere sur la tv..ces gens n ont pas de cervelle

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  • Nina

    Les seniors sont top : calmes posés mais encore dynamiques joueurs espiègles
    Pour commencer avec un premier chien c est l idéal
    Il faut pas oublier que l on doit aussi s adapter à son chien et c est pas que lui qui fait tout le travail ça demande présence patience observation complicité
    La robe noire , parfait : tous les colliers tous les manteaux lui iront 😉

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  • Emmanuel Goldstein

    Les Galgos restent dans les refuges car vous êtes vous mêmes des schizophrènes paranoïaques asociaux, avec des problèmes d’inadaptabilités sociales et de gros gros désordres affectifs en plus d’être agoraphobes.
    Vous et d’autres associations, vous vous livrez a un véritable processus d’inquisition digne de la Stasi.
    J’ai adopté une galga.
    Cette pauvre bête m’a été balancée sur une aire d’autoroute après des semaines d’attentes soit disant car le véhicule de transport était en panne.
    Cette « adoption » orchestrée comme si on échangeait un kilo de cocaïne, m’a contraint à me rendre en région parisienne a plusieurs centaines de kilomètres de chez moi.
    En pleine nuit à 3H du matin, sur une aire d’autoroute, sans présentation, avec un chauffeur qui ne parle pas un mot de Français, pas de mise en situation avec notre chien : pour la sécurité, on repassera et notamment en cas de fugue dès la récupération avec le danger quelle se sauve sur l’autoroute.
    Après plus de 1000 kilomètres enfermée à l’arrière d’une camionnette qui fait 160km/h de moyenne entre Bordeaux et Paris, la chienne avait l’air complétement déphasée.
    Au bout d’un petit quart d’heure, elle s’est détendue, ayant compris sans doute que sa vie venait de changer, regardant dehors les lumières de la nuit avec satisfaction.
    Les débuts ont été compliqués, c’est vrai car elle avait très très peur des hommes et seules les femmes arrivaient à la rattraper.
    Un grand jardin (5000 mètres carrés clôturés) pour l’acclimatation est utile mais ensuite cette authentique dormeuse permet de la détenir en appartement si l’on prend soins de la promener 2 bonnes heures par jour. (C’est un chien très très sportif qui a besoin de beaucoup d’exercice et notamment de courir une bonne 1/2 h par jour).
    Avoir un autre chien sportif lui aussi est un gros avantage car elle se cale sur lui en prenant ses codes.
    Un très bon harnais spécial lévrier est indispensable, doublé d’un collier et d’une martingale reliant les 2.
    Une longue de dressage de 15 mètres est très utile.
    Pour le dressage au pied puis la lâcher en liberté, il ne faut surtout surtout pas hausser la voix et encore moins la corriger : par contre, les morceaux de jambon (espagnol !) sont très utiles.
    Le GPS directionnel associé à un collier de chasse est très utile les premières fois ou vous la lâcherez (dans un espace grand mais clos de préférence) par contre, l’option collier à choc électrique est a proscrire absolument.
    En cas de fugue ou de refus de revenir : ouvrez simplement la porte de votre véhicule : cette chienne a été à priori frappée par le passé et elle a longtemps refusée de se laisser attraper mais la simple porte ouverte et elle monte sans soucis.
    en cas de fugue, ne vous découragez pas et patientez : le GPS vous permettra de voir quelle est toujours a proximité et la mienne est systématiquement revenue lorsque le jour commençait a tomber.
    Aujourd’hui, c’est un chien qui obéi au doigt et à l’œil et qui est très très affectueux mais les ordres doivent être bienveillants et incitatifs, pas autoritaires car sinon elle est rapidement en totale panique.
    Elle revient sans problème lorsque l’on lui demande gentiment sauf…lorsqu’il a un lapin, une oie ou…un chat.
    Elle court alors à une vitesse proprement vertigineuse.
    La laisser courir en liberté et la nourrir a la viande rouge a une influence sur sa santé : elles s’est considérablement musclée du fessier.
    Par chez moi, il y a plusieurs maitres qui ont eux aussi un galgo et certains ont en effet beaucoup de difficultés mais…quel intérêt d’avoir un chien sans cesse attaché sur qui l’on tire et hurle en permanence ?
    Le secret c’est la patience, une liberté surveillée par un gps non électrique et l’amour.
    La mienne est aujourd’hui beaucoup plus obéissante que mon autre chien.
    Ah oui ! Un défaut demeure : elle vide la poubelle et elle vole tout ce qui traine sur la table mais bon…inutile de la gronder, elle revient de tellement loin.

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    • b.odileAuteur de l’article

      Eh oui, nous sommes très sélectifs. Votre commentaire en est une illustration particulièrement parlante…

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