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À ceux qui méritent pourtant autant d’amour…Lévriers sans Frontières

Il y a des jours où la nostalgie s’invite sans prévenir.

Des jours où je repense à nos débuts, il y a plus de quinze ans, lorsque notre seule mission était simple, brute, évidente : sauver des chiens.

À cette époque, nous partions sur le terrain comme de petits soldats animés uniquement par notre colère face à l’injustice, notre détermination et cette conviction profonde qu’il fallait agir. Nous n’avions ni stratégie de communication, ni réseaux sociaux à alimenter, ni publications calibrées pour séduire.

Les chiens n’étaient pas présentés comme aujourd’hui, à grand renfort de belles photos soigneusement choisies et de textes pensés pour convaincre. Ils apparaissaient tels qu’ils étaient, dans la réalité du sauvetage : fatigués, blessés, apeurés, parfois méconnaissables.

Et pourtant, les demandes d’adoption arrivaient.

Parce qu’à l’époque, beaucoup de familles venaient avec une vraie démarche de cœur. Elles ne cherchaient pas un chien “parfait”. Elles voulaient offrir une seconde chance à un rescapé.

Qu’il soit grand ou petit, beau ou cabossé, jeune ou âgé, sociable ou craintif.

D’ailleurs, qu’un Galgo soit craintif paraissait presque logique. Comment aurait-il pu en être autrement après ce qu’il avait traversé ?

Aujourd’hui, les attentes ont changé.

On ne veut plus du craintif. Plus du vieux. Plus du “moins beau”. On veut le chien immédiatement proche de l’humain, câlin, docile, propre, rassurant. Le compagnon idéal, prêt à s’intégrer sans difficulté.

Et toujours avec ce discours : “Je veux sauver un Galgo.”

Mais sauver, ce n’est pas adopter uniquement lorsque le chien coche toutes les cases.

Un animal ayant subi des violences physiques ou psychologiques porte souvent des traces invisibles. Cela demande du temps, de la patience, de l’engagement. Sauver, ce n’est pas consommer une histoire touchante ; c’est accepter aussi la réalité qui l’accompagne.

Ce qui est parfois difficile à entendre aujourd’hui, c’est cette impression que certains chiens doivent désormais répondre à un cahier des charges précis pour mériter une famille. Et si, une fois adoptés, ils ne correspondent pas aux attentes, le retour semble parfois envisagé comme une option presque banale.

Comme s’il s’agissait d’un produit.

Et cela heurte profondément nos valeurs.

Autrefois, notre site était rudimentaire. Les photos étaient prises dans l’urgence, sans mise en scène. Nous ne faisions pas de “marketing” autour des chiens. Pas besoin.

Les adoptants faisaient une démarche réfléchie.

Je me souviens encore des formulaires d’adoption envoyés par courrier postal. Il fallait prendre le temps de les lire, les remplir à la main, acheter un timbre, poster l’enveloppe.

Cela paraît presque d’un autre siècle.

Mais ce temps imposait aussi une réflexion. Quand un dossier arrivait, on savait qu’une partie du cheminement avait déjà été faite.

Aujourd’hui, tout va vite. Trop vite.

En quelques clics, on s’attache à une photo, on projette une histoire, on croit choisir un compagnon… parfois sans vraiment mesurer ce que cela implique.

Et il y a aussi cette nouvelle réalité : celle des réseaux sociaux, où tout peut devenir sujet à jugement, critique ou menace publique en un instant.

Avec le temps, je me surprends parfois à ne plus me reconnaître totalement dans cette évolution.

Parce que mes valeurs, elles, n’ont pas changé.

Sauver un chien n’a jamais été une question d’image.

C’était un engagement.

Peut-être que c’était plus compliqué, plus artisanal, moins visible.

Mais oui…

C’était le bon temps, c’était avant….

Odile Brochot pour Lévriers sans Frontières

https://www.levriers-sans-frontieres.com/

Une réflexion sur “À ceux qui méritent pourtant autant d’amour…Lévriers sans Frontières

  • stephanie

    entièrement d’accord avec vous Odile maintenant adopter un chien fait partie des biens indispensable pour être une famille complète tout comme la maison la voiture le smartphone etc… c’est l’effet amazone on prend on change je le vois tout les jours sur facebook et ça m’énerve énormément tout comme les excuses bidons pour abandonné celui qui a été délibérément choisi et c’est toujours les chiens qui trinquent mais ce n’est pas que pour les galgos et podencos les chiens qui sont rapatriés de roumanie ou autre pays que l’on retrouve errants parceque les gens n’y font pas attention comme ils devraient .. pas propre fait des bétises dans la maison aboie et hop dans le jardin ou dans la rue c est pas de la faute de l humain c’est juste le chien qui s’est sauvé … bien voyons c’est si simple

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